Donnerstag, 27. November 2008

Le Congo du Fétiche à l'Uranium (7)


LE CONGO DU FETICHE A L’URANIUM (7)


pp. 80 – 83… A Tshikapa et à Bakwanga, ces messieurs de la Forminière ne paraissent animés par aucun sentimentalisme débordant. Ce sont des hommes d’affaires. Mais enfin, chez eux la paix règne. Le Noir est traité comme un enfant, comme un citoyen de moins de dix-huit ans. Sans lui demander son avis, voici qu’on lui prodigue les bons soins, on lui donne des repas gratuits – viande et légumes – dès l’âge de trois ans dans des réfectoires modèles. Il a l’eau courante et l’électricté, le savon, le pain blanc.
Pour la première fois, je trouvai des salles d’hôpitaux où les négresses jeunes accouchées, reposaient dans des draps blancs. Et ce fut ainsi à l’Union Minière de Jadotville-Kolwezi-Elisabethville, à la Géomines de Manono, à la Compagnie des Grands Lacs de Kindu, à la Symétain de Kalina, à la Minière des Grands Lacs de Kamituga et de Butembo. Un peu partout je trouvai le portrait de Jean Jadot et d’Émile Francqui ou de M. Barzin ou de M. Cousin ou de M. Pierre Orts, dieux tutélaires, bienfaiteurs insignes. A Kindu, ce fut même la statue de général baron Empain, avec sa casquette et sa barbiche d’hetman des cosaques. Sur ces terres de sommeil et de soleil les pionniers ont établi un ordre nouveau. Je faisais, en ces endroits bénis, des conférences sur la Corée et l’Indochine, sous les aspices de l’Union Africaine des Arts et des Lettres. Rien ne m’empêchait de visiter des chantiers, des cités ouvrières, des stades sportifs, des maternités, cliniques, pouponnières. Bref, Tshipaka n’est pas le seul phalanstère savant dont j’eu l’honneur de pénétrer ses arcanes. Ce prototype, qu’on retrouve aux Huileries du Congo Belge et aussi à la Cotonco, est particulier au système colonial belge et voici pourquoi.
Les grandes compagnies sont devenues elles-mêmes des villes, elles-mêmes des capitales. On s’en aperçoit aux escales de la Sabena dont les cartes portent en très grosses lettres des noms sans intérêt administratif immédiat comme Manono ou comme Tshipaka. A Manono, la Géomines a poussé tranquillement la magnificence jusqu’à édifier elle-même l’aérogare. Les pouvoirs publis, au Congo, ne se sont guère souciés, jusqu’ici, de l’infrastructure des transports aériens. Les équipages atterissent avec un doigté parfait à l’entrée…d’une paillotte. Usine et grande forêt fraternisent.
La marmaille indigène, le ventre nu, les doigts dans le né, fait, à cette scène, un joli parterre et qui compose ce que les paysagistes appellent une tache de couleur. Ces grandes compagnies concessionnaires, dont la C.C.C.C.I. est la douairière, ont reu des domaines de prospection limités ou l’Etat avait et garde sa part. Elles ne sont pas Etats dans l’Etat, mais grandes féodales partagean leurs pouvoirs avec le Prince en un savant condominium. A leur manière et sans rien usurper, elles ont des pouvoirs publics. Les voilà « engagées ». Elles consacrent une part énorme de leurs revenus à des œuvres philantropiques. Telle cette Compagnie du Kasaï qui, à Mokamo, édifia le plus charmant petit cloître italien du monde, au centre d’un village modèle, où l’hôpital est un chef d’œuvre. Voilà une compagnie (purement autonome celle-là) qui ne se contente pas de faire de la margarine et du savon. A plus forte raison les grandes maisons où secteur public et secteur privé vont la main dans la main.
J’ai beau chercher, du Cap à Alger, l’équivalent de ce prototype belge ; je ne le trouve point. Je trouve partout des médecins de grande valeur. Je ne trouve nulle part d’organisation privée acceptant aussi gaiement d’aussi lourdes charges, créant aussi spontanément des hôpitaux aussi parfaits. A Kalima, la Symétain a créé une fondation toute récente. Ici les pouvoirs publics et le secteur privé, au lieu d’un portefeuille commun, ont entrepris œuvre distincte. Autre formule, même résultat.
Qu’en pense l’ouvrier noir ? La capitale-reine du minerai s’appelle Elisabethville. Ce minerai, au cours de ces derniers quarante ans, vient de révéler quelques jolies qualités. Il a payé le Congo. La colossale colonie fut exploitée d’abord par les élèves des écoles de mines à Mons, Liège et Louvain. A présent, voici le tour des agronomes et de l’Instiut des Etudes Agricoles de M. Jurion. Or, dans cette même Elisabethville se déroulait, voici une dixaine d’années à peine, un singulier, drame, le drame franciscain du P. Tempels autour d’une « Philosophie bantoue ».

Charles d‘Ydewalle Le Congo du Fétiche à l’Uranium Ed. Cuypers Bruxelles 1953

Kurt TUCHOLSKY DIE REDENSART


Kurt TUCHOLSKY ( 9.1. 1890 – 21.12.1935)


DIE REDENSART
Als Friedrich, August von Sachsen,
noch saß auf seinem Thron,
da tät die Empörung wachsen –
horch, horch – die Revolution!
Im Schloß erschrak man nicht wenig,
der Kammerherr wurde ganz blaß.
Da s sagte der gute Geenij:
„Ja, dürfen die denn das –?“

Der Satz hat sich eingefressen,
Ich sag ihn bei Jungdo-Adressen,
Ich sag ihn wenn Hitler was macht.
Ich sag ihn, wenn Mädchen sich lieben,
und wenn einer reizt mit dem As,
und wenn sie um Schleichern was schieben:
„Ja dürfen die denn das –?“

Wie die Deutschen so tiefsinnig schürfen!
Jeder Mann ein Berufungsgericht.
Nur wer darf, der darf bei uns auch dürfen –
Die andern dürfen nicht.
Und sitzt in der peinlichsten Lage
der Deutsche, geduckt und klein – :
dann stellt er die deutscheste Frage
und schläft beruhigt ein.

(1930)

Kurt TUCHOLSKY ( 9.1.1890 – 21.12.1935)
Ein Lesebuch für unsere Zeit von Walther VICTOR
Thüringer Volksverlag Weimar 1954 S.166


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Dienstag, 25. November 2008

Le Congo du Fétiche à l'Uranium (6)



LE CONGO DU FÉTICHE A L’URANIUM (6)

Au Congo belge, comme dans l’Union Sud-Africaine, le nouveau venu s’imagine naïvement qu’il ne va pénétrer au pays du diamant qu’après force barrages de police, serrures compliquées, guichets, verrous et écrous. Que nous sommes donc incorrigiblement romantiques ! J’ai atteri un beau matin à Tshipaka, en plein Kasaï. Le major Gaston Dieu, directeur général de la Sabena, pilotait lui-même le DC3 qui m’avait cueilli à Kikwit. Un monsieur à cheveux gris, très gentil, me reçut. Je lui montrai mes bagages. Il les tendit d’autorité, à un boy qui les emporta tout simplement vers une grosse voiture américaine. J’attendais la fouille, le questionnaire, les attestations.
Nous partîmes. Il y eut une admirable avenue de manguiers, plantés en 1910, plus gros que les marronniers de l’avenue Louise. Puis il y eut un club, avec un cinéma, et des villas et, comme toujours, le portrait barbu de M. Van Brée, Neptune gouvernant les flots. Je passai là deux jours au milieu des diamants. A la sortie de ce paradis, je ne fus pas plus fouillé qu’à l’entrée. Je pensais à Kimberley, aux gardiens à figures de boxeurs en retraite, enfin au crime fameux dont on a tant parlé dans les bouquins d’aventure, à l’I.D.B. : « Illicit Diamond Buying ». Je croyais qu’un détective allait être attaché à ma personne, discrètement. Le soleil, à l’occident, se vêtit de pourpre sans que je parvinsse à découvrir le délégué à souliers cloutés du Criminal Investigation Department. Je rêvais de la pleine du Karroo, mot hottentot qui veut dire le Creux, le Vide. Plus de gangster, partant plus de joie. Et pourtant, le lendemain le solei se leva, plus sanglant que la fleur du balisier sur une plaine où 4.000 ouvriers extrayaient les fameux petits cailloux. Ni revolvers, ni matraques, ni voitures blindées. Là aussi règnait la paix blanche.
L’histoire de Tschipaka est une curieuse aventure, d’origine tout à fait américaine. La Forminière fut créée en 1906 pour l’extraction de l’or. C’était le temps où les grandes sociétes concessionaires se partagaient le sous-sol du Congo. Naturellement, au Katanga, personne ne songeait à l’uranium ni au cobalt. On ne rêvait qu’à l’Eldorado, l’or du Pérou, l’or du Klondyke, l’or de Californie, l’or du Rand. Aujourd’huiles accords de Bretton Woods enlèvent à l’Eldorado la chaleur et l’éclat des premiers jours. Un monisur qui possède une mine d’or est presque un pauvre homme. Tandis que l’étain, le cuivre, pour ne citer qu’eux, font de leur maître un maître de l’heure. Au Kasaï, tout à fait par hasard, un prospecteur, en 1907, ramassa, dans la rivière Tshiminina, un diamant.
La Forminière édifia là un phalanstère prodigieux, où deux cents Blancs et cinq mille Noirs vivent en termitière humaine et, je le répète, sans police. Quarante cinq chantiers assez éloignés les uns des autres, avec un séparateur-concentrateur qui avale par tonnes la terre et l’eau, élimine les gros cailloux, passe le tout dans des tamis et de là dans des cruches de fer, composent cette ville tentaculaire. La méthode est d’un simplisme qui stupéfie. Les cruches pleines de petits cailloux, vont à la salle de triage. Celle-ci, une cage à poulets gigantesque, est la prison volontaire de cinquante ouvriers indigènes qui s’y engagent spontanément pour cents jours. J’ai visité leurs réfectoires et dortoirs, leurs cabinets de toilette leur terrain de jeux la balle au panier seulement. Le tout est cadenassé mais sans policiers, sans gardiens à tromblons ou matraques. Au bout de ces trois mois, presque tous demandent à rengager, puis récidvient. Sur leurs cerveaux, pareils à ceux de tous les mineurs du monde, les salaires exercent leur invicible solution.
J’insiste sur ces détails, sans aucun romantisme, sans aucun goût pour les berquinades. C’est que je connais les « compounds », les verrouillés d’Afrique du Sud où les Noirs, venus de très loin dans la pleine, passent deux ans, quelques fois plus et, à peine libérés, vont se perdre dans la grande nuit de Johannesburg. Je n’ai pas plus de raison d’accabler mes amis de l’Union Sud-Africaine. Je constate que, de l’aveu quotidien de leurs propres journaux, les deux moitiés de leur peuple, la noire et la blance, ont les nerfs tendus à se briser et que cette géhenne où l’homme est un loup pour l’homme procure aux inspecteurs des grandes compagnies d’assurances de continuels soucis.

Charles d‘Ydewalle Le Congo du Fétiche à l’Uranium Ed. Cuypers Bruxelles 1953

Sonntag, 23. November 2008

Johannes R. BECHER Das Schneegesicht


Johannes R. BECHER (1890 – 1958)

DAS SCHNEEGESICHT

Es fällt der Schnee. Es schweigt der Schnee so dicht!
Durchs Schneegestöber blickt ein Schneegesicht.

Es hat der Schnee dir einen Gruß gebracht…
Es fällt der Schnee, und Schnee fällt Tag und Nacht.

Frostblumen blühen am Fensterglas…
Wann war’s, daß er in deiner Wärme saß
Das letztemal und mit dir sprach und aß?

Ob ich dich je, Geliebter, wiederseh?
Das Schneegesicht verweht im Schnee – ade…
Es tut so weh der viele, viele Schnee.

BECHER : Ein Lesebuch für unsere Zeit Volksverlag Weimar Ausgabe 1962 S.73

JEWISH SUPPORT FOR GAZANS



LOS ANGELES TIMES CA,USA

"A member of the ultra-Orthodox Neturei Karta sect, which opposes Zionism, holds a sign protesting the siege on the Gaza Strip. He is standing outside the tent of Fawzia al-Kurd and her family, who were evicted from their home in Arab East Jerusalem. On July 16, the Israeli High Court ruled in favor of Israeli settlers who were already occupying a wing of the house and were demanding the expulsion of the Kurd family from the rest of the property.
(Ahmad Gharabli – AFP/Getty Images)
November 20, 2008
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Das Bild zeigt uns ein mutiger, rechtschaffener, wahrhafter, Jude der in Palästina, das Heilige Land, seine Solidarität mit die Opfer des Zionismus im Gazastreifen bekundet. Eine wahre Heiligung des göttlichen Namens, die eigentlich jeder Jude obliegt, ganz im Sinne unserer Thora im Dérech Eretz: Rabbiner Dr. Mendel HIRSCH Das Judentum und das reine Menschentum (1898). Die englische Übersetzung dessen erscheint in Ablieferungen im Blog des Studienverbandes Jeschurun Judentum gegen Zionismus www.bloggen.be/jesjoeroen
Mit herzlichen Dank an Jeschurun Judentum gegen Zionismus!


Mittwoch, 19. November 2008

Kurt TUCHOLSKY MISSACHTUNG DER LIEBE (1919)


Kurt TUCHOLSKY ( 9.1. 1890 – 21.12.1935)

MISSACHTUNG DER LIEBE

Ach, Tante Julia, du in Neu-Ruppin
Liest schaudernd von berliner Scheußlichkeiten,
und wie die Damen ihre Glieder spreiten,
und denkst: Dies Sündenbabylon Berlin!
Und deine Äuglein öffnen sich in Lüsten,
weil deine Kaffeeschwestern gerne wüßten
von einem Paar, gelagert Bein an Bein…
Wie mag das sein?

Ach, Tante Julia – komm mal an die Spree.
Und sieh dir dieses Wogen aus der Nähe,
ganz aus der Nähe an, wie ich es sehe.
Und denk dir nur ein Chambre séparée,
Sie quietscht. Der Kellner schummelt. Dünne Geigen
verleiten sie, sich ziemlich ganz zu zeigen.
Ein Mieder noch und noch ein Brüstchenlein…
Was kann da sein – ?

Ach, Tante Julia – wir sind doch nicht blasiert.
Und doch wie eng ist dieser Markt der Liebe!
Der liebt die Knaben, jener schätzt die Hiebe,
und der ist nur von Zöpfen enchantiert.
Die Themis bullert mit Moralgesetzen.
Man muß Erotik nicht so überschätzen,
Bleib nur in deinen bürgerlichen Träumen,
du hast hier nämlich gar nichts zu versäumen
Bleib, Tante Julia, in dem Stübchen klein –
Was kann da sein – ?
Was kann da wirklich sein?

(1919)

Kurt TUCHOLSKY ( 9.1.1890 – 21.12.1935)
Ein Lesebuch für unsere Zeit von Walther VICTOR
Thüringer Volksverlag Weimar 1954 S.142


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Montag, 17. November 2008

Le Congo du Fétiche à l'Uranium (5)


LE CONGO DU FETICHE A L’URANIUM (5)
par Charles d‘Ydewalle

... L’Angleterre de 1943 reçut – succulentes étrennes de guerre – un grand Plan de Sécurité Sociale, œuvre de Sir William Beveridge. Celui-ci assurait au peuple britannique un système de tranquilité perpétuelle « from the womb to the tomb »… du sein de la mère jusqu’à la tombe. L’Angleterre avait vécu sous le régime de la libre concurrence, sans trop se soucier de lois sociales et, quand certains indigents du XIXe siècle se trouvaient trop mal en point sous les coups de massue de ce temps cruel, ils émigraient et fondaient des colonies, Australie, Nouvelle-Zélande, Afrique du Sud, Rhodésie. L’Etat-Providence, rêvé par les Fabians et les Pionniers de Rochdale, paraissait subversif, en tout cas puéril et toujours impraticable. Sir William Beveridge fut fait Lord et l’Angleterre adopta son plan.
Or, dans l’intimité de la Cité bantoue, la Sécurité Sociale existait depuis de longs siècles. Le système de Lord Beveridge, le Clan Bantou l’appliquait depuis des millénaires, sans s’en vanter et il était établi non seulement dans les lois, mais dans les mœurs. Chez les Congolais, la famille était subordonnée au Clan. Seul comptait le Clan, association beaucoup plus étendue, plus étoffée, véritable village ou groupe de villages où régnait un régime de sécurité absolue. Quid leges sine moribus ? Que valent les lois sans les mœurs ? …Nous, occupants blancs demandons : Quid mores sine legibus ? Que valent les mœurs sans les lois ?...Parce que, pour nous, une loi doit être écrite. Nous sommes, bien malgré nous, des Romains. Il nous faut des textes. Nous pensons bien qu’une société nouvelle sortira de nos textes vertueux. La coutume s’en ira, comme le cannibalisme et la sorcellerie.
Car que faire contre l’Inévitable et on ne se lasse pas d’admirer la patience des agents territoriaux qui, du troc calciné de Matadi aux hammams vertigineux du Maniéma, appliquent cette morale sage et saine à de très pauvres gens qui pratiquaient avant nous une sagesse bantoue, élaborée par les millénaires silencieux de la Savane.
Il n’y avait, dans le Clan, jamais d’orphelins et jamais de veuve puisque l’enfant, à la mort de son père, était toujours repris par le frère…de sa mère. Ainsi le voulait le régime matriarcal, incomparable en société polygame où la femme se défendait de son mieux. Une loi obscure de défense sociale s’élaborait, animalement, implacablement, au cours des siècles d’expérience, à l’intérieur du Clan. Jamais le vieillard n’était abandonné, ni le malade. Ces tribus, comme celles des Philistins et des Hébreux, vivaient enfermées dans leurs murailles de préjugés et de lois coutumières. Inexorable, la loi ramenait à la raison les délinquants et les tenaient claustrés, comme le Cercle de Famille tient dans un seul écheveau les fils innombrables de la gens Durand ou de la gens Dupont. Il semble même que ces Bantous, si vagabonds d’aujourd’hui, si pressés de prendre à tout propos le bateau sur le fleuve, le train sur le rail ou le camion sur la route, ne voyageaient guère hors des limites attribuées à leurs clans. Hors de leur zone, dans cet extérieur mal défini, plein de chausse-trapes, ils ne s’aventuraient que les armes à la main.
Les armes ont disparu. D’Elisabethville à Fort Lamy, la grande Paix romaine règne, comme en Gaule au temps des Antonins. Il est peut-être bon de se le rappeler quelquefois.
Ces rivalités mérovingiennes se terminaient souvent par l’anthropophagie. Le prisonnier échappait difficilement à l’équarisseur. Avec la viande d’antilope il semble bien qu’il fût à peu près la seule ressource en protéines.

Charles d‘Ydewalle Le Congo du Fétiche à l’Uranium Ed. Cuypers Bruxelles 1953

Sonntag, 16. November 2008

Marguerite BERVOETS: ORPHÉE (1942)


In Memoriam Marguerite BERVOETS:


ORPHEE

I

De la cime qu’allume l’azur
Ta voix stridule.
Comme l’encens d’un sacrifice
Elle se cambre et se balance
En sa fourrure de forêts.
Une source éclabousse d’opales
Ses accents.
Vers les cavernes où s’émoussent
Leurs maléfices,
Glauques, chavirantes de rêves.
Voici fuir les sirènes
Que tu cribles
D’une meute de traits.
Et te voici, pâtre vêtu d’élytres irisées,
Drainant vers ta bouche ronde
Tout un peuple d’abeilles.
Les hirondelles trempent leurs ailes dans ta voix
Et la dryade
Echappe au cœur du chêne vert,
Elude un défunt sortilège
Et rit sous le lacis des branches
Son fol destin de fuite qui s’enlise
Aux perles de ton rire et de ton chant.
Autour de toi les mers arrondissent leurs criques,
Les pics oublieux des orages
Soutiennent la moire des nues,
Toutes les peurs ont disparu
Sous le vol fauve des gerfauts et des vautours,
Louve et biche ont lapé le pur semis de perles
De l’aurore
Aux mêmes tiges,
Vers ton miracle monte un brouillard d’étincelles.

II

Soudain gronde un frisson sous la terre allégée.
Des chairs soyeuses de ton hymne
Sourd une inquiète flamme d’or :
Les hommes !
D’une bure grossière plombés
Ils ont surgi de leurs demeures éclatées
Et grouillent, vermine rauque
Aux cris d’acier lassé,
Sur le porphyre pur du jour
Plainte des aubes déchirées,
Mais un tonnant bélier d’arpèges
Trouble leur tumulte.
Reflux,
Balsamique présence inouïe
Au bord des mers qu’ils coururent en vain,
Tu leur rends les voiles salines des flibustes
Pêcheuses de conques
Où bruissent les îles,
Sur les plaines de ton poème
S’enivrent les mélices
Qui volent vers le miel adolescent du jour,
Et tu recueilles
De fauves toisons et des œillades
Pour leurs escales.
Les blondes cavales, ruisselantes de leur crinière.
Les enlèvent
Et les étoiles neigent
Sur leurs fronts pacifiés.
Une brise de toute paix
Palpe les palmes ;
Tu passes,
De ton visage sans regard

Croule une cataracte de silence.


(Ecrit à la prison de Mons, novembre 1942).


Donnerstag, 13. November 2008

KRISTALLNACHT LESSONS FOR THE MIDDLE EAST



KRISTALLNACHT Gedächtnistag in Deutschland grober den je mißbraucht durch den Zionisten!



Das Gedenken der Kristallnacht wurde in der BRD skandalös mißbraucht durch den hysterischen Zionisten, voran die Clique Knobloch und Bundeskanzlerin und christliche Zionistin Angela Merkel.



The lessons of Kristallnacht for the modern Middle East
guardian.co.uk, Monday November 10 2008 00.01 GMT
The Guardian, Monday November 10 2008
Article history



Übersetzung :


Sidney Jacob's Verleugnung (Letters, November 5) des Vergleiches das Paul Oestreicher zieht (Das Vermächtnis der Kristallnacht, (4.November 4) ist eine Kniebeugungsreaktion, wobei gesucht wird die Haltung von Nazi Deutschland gegen den Juden als einmalig und unvergleichbar darzustellen. Leider aber gibt es zu viele Parallelen die gezogen werden können mit der Zeit von 1933-39.Wenn ein paar Wochen zurück in Akko jüdischen Mob “Tod den Arabern” schrieen, war das bestimmt eine Erinnerung an den Pogrome in Europa. Wenn solche Losungen wie “Araber in den Gaskammern” geschmiert sind auf der Trennungsmauer, sind die Parallelen ebenfalls deutlich. Wenn israelisches Militär und Polizei dabeistehen wenn Arabische Bauern die ihren Olivenhaine bearbeiten angegriffen warden durch Siedler und sogar international Beobachter geschädigt wurden, dann erinnert mich das an gleichartige Weigerungen zum intervenieren in Deutschland um das Gesetz zu respektieren und die Jüdischen Einwohnern zu beschützen. Die Lehre der Kristallnacht ist bestimmt das gleich welche Bevölkerungsgruppe unter ähnlichen Umständen von Unterdrückten zum Unterdrücker verwandelt werden kann. Der Siedlungskolonialismus in Palästina würdigt die Palästinenser herab zu einen Untermenschenstatut. Eine Mehrheit der Israelischen Juden machte in Meinungsumfragen wiederholt deutlich daß sie nicht Tür an Tür leben wollen mit einem Araber und es lieber sähen daß die Palästinensischen Bürger des Isra-ls auswandern würden. Der einziger Teil des Artikels Paul Oestreicher's womit ich nicht einverstanden bin ist seine Vorstellung als habe die große Mehrheit der Deutschen an der Kristallnacht teilgenommen. Es war ein staatlich organisierter Pogrom, orchestriert durch den Gauleiter Berlins, Josef Goebbels. Es war zutiefst unpopulär bei den gewöhnlichen Deutschen, wie das deutlich erklärt ist in Ian Kershaw's Hitler Myth aber gegen 1938 war die gewöhnliche Bevölkerung eingeschüchtert durch die Gestapo und den Konzentrationslagernapparat Nazideutschlands. Tony Greenstein, Brighton

Freitag, 7. November 2008

Otto GROTEWOHL: Ein gutes und großes Ziel


Otto Grotewohl:


Ein gutes und großes Ziel

Zum 29. Jahrestag der Großen Sozialistischen Oktoberrevolution
7. November 1946


Im Sommer 1941 überfiel Hitler unter Bruch des internationalen Rechts bei Nacht und Nebel die Sowjetunion in brutalster Weise, versuchte den Sowjetstaat zu zerschlagen und weite Gebiete des Ostens seiner Herrschaft zu unterwerfen. Gleichzeitig bemühte sich die Goebbelspropaganda, durch lügnerische Darstellung den Eindruck zu erwecken, Deutschland sei in Gefahr, von der Sowjetunion überfallen zu werden. Das alles wagte man dem deutschen Volk zu bieten, obwohl es wußte, daß zwischen Deutschland und der Sowjetunion ein Vertrag zur Erhaltung des Friedens abgeschlossen war. Tatsächlich lag keinerlei Anzeichen vor, daß sich die Sowjetunion ihren vertraglichen Verpflichtungen zu entziehen beabsichtigte. Wenn dennoch der verbrecherische Überfall erfolgte, dann offenbarte den Vorgang die Entschlossenheit des deutschen Monopolkapitalismus, sich des europäischen Ostgebietes unter allen Umständen zur wirtschaftlichen Ausbeutung gewaltsam zu bemächtigen. Trotz der unterdrückten Meinungsfreiheit und der verleumderischen Propaganda blieb es weiten Teilen des deutschen Volkes nicht unbekannt, welche fürchterlichen Verbrechen die nazistische Kriegsführung an den Nachbarvölkern Deutschlands und insbesondere an den Völkern der Sowjetunion verübte.
Hitler machte den Westmächten das Angebot, den Sowjetstaat durch das faschistische und militaristische Deutschland zu vernichten und ihm dafür die Ausbeutung des europäischen Ostgebietes zu überlassen. Hitlers Sieg über die Sowjetunion hätte zu einem beträchtlichen Machtzuwachs des Faschismus geführt. Die Ablehnung des verbrecherischen Planes Hitlers erfolgte daher aus begreiflichen Gründen. Die Westmächte mußten mit Recht fürchten, daß sie der von Hitler verfolgten imperialistischen Politik späterhin selbst zum Opfer fallen würden.
Vor allem aber zerschlug die entschlossene und bis zur Selbstaufopferung gehende Abwehr des faschistischen Überfalls durch die Völker der Sowjetunion die Pläne des deutschen Monopolkapitalismus. Die nach Stalingrad klar erkennbar werdende vollständige Niederlage Hitlers veranlaßte die deutschen Faschisten keineswegs zum Verzicht auf ihre Raubpläne. Sie gaben sich dem Wahn hin, daß die aus dem Osten zurückflutenden Heere nunmehr in den angelsächsischen Ländern jene Kräfte auf den Plan rufen würden, denen eine Besetzung Deutschlands durch die Rote Armee ein Dorn im Auge sein würde.
Unermüdlich hat die nationalsozialistische Propaganda das deutsche Volk davon zu überzeugen versucht, daß ihm die völlige Vernichtung und Ausrottung drohe, wenn der gegen die ganze Welt geführte Hitlerkrieg verloren gehen würde.
Als dann nach dem totalen Zusammenbruch des Nazistaates die erste Maßnahme der Roten Armee nicht darin bestand, die deutsche Zivilbevölkerung auszurotten, sondern vielmehr für Aufräumung und Wiederherstellung der Verkehrsmöglichkeiten, für Versorgung der Bevölkerung mit Lebensmitteln, mit Gas, Elektrizität usw. gesorgt wurde, ging den lähmenden Schreck in der Bevölkerung bald verloren. Der Ausspruch von Stalin: „…die Hitler kommen und gehen, aber das deutsche Volk, der deutsche Staat bleibt[1], fand Eingang in die Köpfe die noch von der Goebbelspropaganda verwirrten Massen, und bald begriffen sie, daß die Hitlerpolitik dem deutschen Volk zwar eine schwer zu tragende Erbschaft hinterließ, daß aber das Leben des Volkes weitergehen würde.
Und nun geht es darum, daß die deutsche Politik nicht noch einmal zu einer Störung des Weltfriedens führen darf. Die von Stalin geäußerte Auffassung ist, daß der zweite Weltkrieg die unvermeidliche Folge der Entwicklung der weltwirtschaftlichen und politischen Kräfte auf der Grundlage des Monopolkapitals war. In der sowjetischen Besatzungszone Deutschlands wurde darum die Förderung unserer Vorschläge begrüßt, die eine friedliche Politik des deutschen Volkes gewährleisten werden.
Worin bestehen diese von der sowjetischen Besatzungsmacht getroffenen Friedenssicherungen? Zuerst wurde mit der völligen Zertrümmerung der hitlerschen Verwaltungsmaschinerie der Neuaufbau in die Hände bewährter antifaschistischer Kräfte gelegt. In der sowjetischen Besatzungszone ist die Demokratisierung der Verwaltung durchgeführt und bietet eine Gewähr dafür, daß reaktionäre Kräfte nicht auf die Unterstützung irgendeiner behördlichen Stelle rechnen dürfen. Die Zerschlagung aller militaristischen Einrichtungen und die Enteignung des Großgrundbesitzes habenden reaktionären und gefährlichen Einfluß dieser Kreise endgültig vernichtet? Die unter Billigung der überwältigenden Mehrheit der Bevölkerung durchgeführte Bestrafung der Kriegsverbrecher und aktiven Nationalsozialisten hat zur völligen Entmachtung der Monopolkapitalisten, Großgrundbesitzer, Faschisten und Militaristen geführt. Damit sind die aggressiven und kriegslüsternen Elemente in der sowjetischen Besatzungszone endgültig zur Ohnmacht verurteilt.
Die große Bedeutung dieser von der sowjetischen Besatzungsmacht und den antifaschistischen Kräften durchgeführten Maßnahmen wird erst im Zusammenhang mit der Betrachtung der Verhältnisse in den übrigen Besatzungszonen Deutschlands sichtbar. In den westlichen und südlichen Gebieten Deutschlands ist weder die Demokratisierung der Verwaltung durchgeführt, noch ist der Großgrundbesitz und damit der Einfluß reaktionärer Kreise beseitigt worden.
Hier steht die deutsche Arbeiterklasse vor der großen Aufgabe, die Wiederherstellung der deutschen Wirtschaftseinheit und eines demokratischen Staates so durchzuführen, wie es in der sowjetischen Besatzungszone bereits geschehen ist. Die von Außenminister der Sowjetunion, Molotow, in Paris abgegebenen Erklärung über die deutsche Zukunft sind zur Durchführung dieser Aufgabe von größter Bedeutung. Seine Ausführungen haben die Zustimmung des ganzen deutschen werktätigen Volkes gefunden. Sie besagen,
daß Deutschland sowohl als Wirtschaftseinheit als auch als demokratischer, friedlicher und einheitlicher Staat erhalten bleiben muß,
daß Deutschland neben einer gesunden Landwirtschaft auch eine blühende Industrie und deswegen einen entsprechenden Außenhandel zugebilligt erhalten muß,
daß alle föderalistischen und separatistischen Pläne zur Zerstückelung Deutschlands abgelehnt werden müssen und Deutschland ohne das Ruhrgebiet nicht lebensfähig ist,
daß die Schaffung einer deutschen Zentralverwaltung angestrebt werden muß und die nach den Potsdamer Beschlüssen vorgesehenen gesamtdeutschen Staatsekretariate sofort errichten werden müssen.
[2]
Das Eintreten des Sowjetstaates für eine solche Regelung der deutschen Frage muß und wird in zunehmenden Maße zu einer Überwindung der vom Faschismus und seinen Hintermännern seit vielen Jahren betriebenen antibolschewistischen Hetze führen. Alle entschiedenen Antifaschisten sind dem sowjetischen Volk dankbar für die Widerlegung der nazistischen Hetze. Die antifaschistischen Parteien und demokratischen Organisationen müssen ihre ganze Kraft einsetzen, um die notwendigen Voraussetzungen einer wirklichen Demokratisierung in ganz Deutschland herbeizuführen, eine Wiederkehr reaktionärer Kräfte zu verhindern, um auch von hier aus der Friedenspolitik der Sowjetunion entgegenzukommen. Die Grundsätze der sowjetischen Friedenspolitik hat Molotow in seiner großen Rede auf der Sitzung des Moskauer Sowjets anlässlich des 28. Jahrestages der Sozialistischen Oktoberrevolution folgender Maße dargestellt:
Es gibt unter uns jedoch keine Anhänger der Rachepolitik hinsichtlich der besiegten Völker. Stalin hat mehr als einmal darauf hingewiesen, daß das Gefühl der Rache und das Gefühl der Vergeltung für die zugefügten Leiden schlechte Berater in der Politik und bei Beziehungen zwischen den Völkern sind. Wir müssen uns hinsichtlich der besiegten Völker nicht von den Gefühlen der Rache leiten lassen, sondern nur von dem Ziel, die Entstehung einer neuen Aggression zu erschweren und einen möglichen neuen Aggressor unter den Völkern soweit wie möglich zu isolieren.“[3]

Das ist ein gutes und großes Ziel, ein Ziel, das des Schweißes der Edlen wert ist.

Aus: OTTO GROTEWOHL Im Kampf um die Deutsche Demokratische Republik Reden und Aufsätze Auswahl aus den Jahren 1945-1949 Dietz Verlag 1954 S.77-81
Marx-Engels-Lenin-Stalin Institut beim ZK der SED

Man lese auch: „Die Lehren der Oktoberrevolution“ Vortrag vor dem Parteitag der SED 15.Oktober 1947 ebenda S.110-145

[1] J. STALIN: „Über den Großen Vaterländischen Krieg der Sowjetunion“ Dietz Verlag, Berlin 1952, S.50
[2] Siehe W.M. Molotow, „Fragen der Außenpolitik” Moskau 1949, S. 68 ff.
[3] W.M. Molotow „Rede anläßlich der Feier des 28. Jahrestages der Großen Sozialistischen Oktoberrevolution“, Berlin 1945, S.11

Donnerstag, 6. November 2008

AVANÇONS DANS LA VOIE OUVERTE PAR LA RÉVOLUTION D’OCTOBRE

AVANÇONS DANS LA VOIE OUVERTE PAR LA RÉVOLUTION D’OCTOBRE

A l’occasion du 40ème anniversaire de la Révolution d’Octobre (1957), le camarade Mao Tsé-Toung a souligné : « En fin de compte le régime socialiste se substituera au régime capitaliste ; c’est une loi objective, indépendante de la volonté humaine. Quels que soient les efforts des réactionnaires pour freiner la roue de l’histoire dans son mouvement en avant, la révolution éclatera tôt ou tard et sera nécessairement victorieuse. »
Il a indiqué encore en 1962 : « L’Union soviétique fut le premier Etat socialiste et le Parti communiste de l’Union soviétique, le Parti créé par Lénine. Bien que la direction du Parti et de l’Etat soviétiques soit usurpée par des révisionnistes, je conseillerais aux camarades de demeurer fermement convaincus que les larges masses du peuple soviétique,des membres du Parti et des cadres sont bons et veulent faire la révolution et que la domination du révisionnisme ne durera pas ».
La restauration, dans tous les domaines, du capitalisme en Union soviétique n’est qu’un intermédiaire passager dans l’histoire du mouvement communiste international. Nous sommes fermement convaincus que les authentiques communistes soviétiques et le grand peuple de l’UR.S.S., éduqués par les grands Lénine et Staline, possédant les glorieuses traditions de la Révolution d’Octobre, trempés et éprouvés par la guerre antifasciste, ne toléreront pas longtemps que la clique révisionniste soviétique leur impose sa loi. Ils luttent à présent de diverses manières contre cette clique. Il ne fait pas de doute qu’ils s’uniront sous la bannière de la grande Révolution d’Octobre, continueront l’œuvre de Lénine et de Staline, persisteront dans une lutte de longue haleine et dissiperont les profondes ténèbres, afin que l’étoile rouge de la Révolution d’Octobre brille à nouveau d’un éclat encore plus vif.
L’éclatante vérité du marxisme-léninisme, de la pensée de Mao Tsé-toung est irrésistible. Plus de 90% de la population du globe veut faire la révolution. Les masses populaires, de même que la révolution mondiale, finiront par triompher. Il est certain que sous le grand drapeau révolutionnaire de la pensée de Mao Tsé-Toung, la grande cause de la dictature du prolétariat amorcée par la Révolution d’Octobre avancera d’un pas encore plus gigantesque et que le communisme remportera la victoire finale à travers le monde. (pp.28-30)

AVANÇONS DANS LA VOIE OUVERTE PAR LA RÉVOLUTION D’OCTOBRE
A l’occasion du 50e anniversaire de la grande Révolution socialiste d’Octobre
Par les bureaux de rédaction du Renmin Ribao et du Jiefangjun Bao (6 novembre 1967)

Georges COGNIOT: La Révolution socialiste d'Octobre


PRÉPARATION ET ACCOMPLISSEMENT DE LA RÉVOLUTION SOCIALISTE D’OCTOBRE (avril 1917-1918)

En huit mois, de février à octobre 1917, le parti bolchévik conquit la majorité de la classe ouvrière au sein des Soviets, où il se trouvait en minorité au début, et il fit passer du côté de la révolution les dizaines de millions de paysans.
Les « Thèses d’Avril » de Lénine et la conférence d’avril du Parti orientèrent les bolchéviks vers la lutte pour le passage de la révolution démocratique-bourgeoise à la révolution socialiste : « Tout le pouvoir aux Soviets ! » Le VIe Congrès du Parti (juillet-août) aiguilla le Parti dans la voie de l’insurrection armée. L’action des capitulards à l’intérieur du Parti (Zinoviev, Kaménev, Rykov, Boukharine, Trotski, Piatakov) fut brisée.
Du 6 au 8 novembre (24-26 octobre de l’ancien calendrier) l’insurrection armée triompha à Pétrograd (ancien Pétersbourg) sous la direction personnelle de Lénine et de Staline. La classe ouvrière, alliée aux paysans pauvres et soutenue par les soldats, mit fin dans tous le pays au règne de la bourgeoisie, instaura le pouvoir des Soviets, institua un nouveau type d’État, l’État soviétique socialiste.
La Révolution d’Octobre a enlevé à la bourgeoisie les moyens de production, remis la terre en jouissance à la paysannerie, conclut la paix, fait de la classe ouvrière la classe dominante.
Une ère nouvelle était inaugurée dans l’histoire de l’humanité : l’ère des révolutions prolétariennes. La crise générale du capitalisme était ouverte.

Georges COGNIOT Petit Guide sincère de l’Union Soviétique pp.78-79 Editions Sociales 1954

Sonntag, 2. November 2008

Le Congo du Fétiche à l'Uranium (4)


LE CONGO DU FETICHE A L’URANIUM (4)

Charles d’Ydewalle

pp. 53-54 Je souligne ces réflexions préliminaires parce que tout voyage au Congo, sans elles, serait manqué, voir dangereux. Sans elles, nous serions livrés sans merci à nos préjugés sur nos boys. L’atmosphère de serre chaude ajoute encore à ces préjugés. Le soir, quand l’indispensable boy fixe à nos lits le tulle blanc de la moustiquaire avec ses mains de sarment sec à paumes roses, dieu noir, Pluton, esclave « offrant une brebis noire aux déités », personnage blasonnant de sable, noir de terre, de corroyeur, de sarment brûlé, de noyau de pêche, de deuil, de fumée, de liège brûlé, de mûre bien mûre, observons cet homme qui nous suit pas à pas, jusqu’à notre lit qui paraît fait, avec son baldaquin virginal, pour une songerie de Maeterlinck avec son décor à la Burne Jones, tandis que, de la palmeraie voisine, vont venir ces vieux personnages invisibles de la tragédie antique : le Destin et le Malheur, l’Amour et la Mort et les sept Filles d’Orlamonde qui « ont ouvert les tours,ont ouvert quatre cent salles sans trouver les jours ». Cette atmosphère influence sensiblement nos jugements et nous porte, le soir, à rêver de bulles bleues, de soirs vénéneux, de nénuphars expirant au clair de lune, sous cette enveloppe de cygne ou de cellule de béguine.
Allons plus loin.

pp. 56-57 Chez mon interlocuteur évolué, je devine trois complexes évidents, mais aucun complexe d’infériorité. Timidité, méfiance et ironie se confondent chez lui très habilement, en un savant mélange que protège merveilleusement son heureuse ignorance de la langue française. Visiblement, il a étudié cette langue abominablement compliquée chez les bons Pères qui, presque tous Flamands catholiques ou Anglais protestants, la bafouillent de toute leur généreuse bonne volonté et finissent par enseigner un idiome vacillant et approximatif assez semblable du jargon des coureurs cyclistes flamands du Tour de France. Encore ceux-ci, ayant beaucoup bourlingué parmi d’authentiques Français, ont-il attrapé quelques expressions typiquement parisiennes dont nos amis « Evolués » ne possèdent que des bribes. Il y a là, entre nos deux races, un évident malentendu.
Nos missionnaires flamands, dans leur zèle admirable, ont renoncé de bon cœur à leur langue maternelle dont ils sont si justement amoureux pour enseigner une langue étrangère à ces Bantous qui, pas plus qu’eux, n’en saisissent l’esprit. Implacablement le dialogue se poursuit en marge de la Réalité, en dehors de la Question. J’ai connu des Allemands à l’esprit lent mais sûr qui parlaient un français très honnête et ne pensaient qu’en allemand de bon aloi. Ici le missionnaire – flamand, anglais ou suédois – s’improvise tant bien que mal professeur de français de Lovendeghem, un vocabulaire que le Noir, assez péniblement, traduit à son tour du Kyumbe ou du Kicongo. Hallucinante entreprise, vrai gymkhana intellectuel ou l’ingénieur belge déplore constamment que l’employé où le mécano issu de cette école use du terme impropre, même en simple technique. Que doit-ce être alors du terme abstrait ?

Charles d‘Ydewalle Le Congo du Fétiche à l’Uranium Ed. Cuypers Bruxelles 1953


(à suivre)